Historique

Avant l’AQPSUD, il y avait L’injecteur puis l’ADDICQ.

En 2005, des organismes communautaires de plusieurs régions, des directions régionales de santé publique et le Service de lutte aux ITSSS du Ministère de la santé et des services sociaux décident de remettre sur pied un journal gratuit en prévention des ITSS par et pour les personnes utilisatrices de drogues par injection (UDI). En effet, le Pusher d’infos avait été le premier magazine par et pour au Québec, mais c’est une autre histoire…

L’injecteur était né. L’organisme était alors une fiducie de CACTUS Montréal et le fiduciaire ainsi que Dopamine, Spectre de rue et Points de repères jouaient le rôle de conseil d’administration. En 2006, le premier numéro était mis à disposition des personnes UDI dans les centres d’accès au matériel d’injection. Mais surtout, chaque numéro était créé par des personnes utilisatrices de drogues (UD) qu’elles travaillent au sein de l’équipe de 3 personnes mais aussi par leurs collaborations à distance.

Pour chaque numéro, Les collaborateurs soumettent des articles, des illustrations ou des textes, qui, s’ils sont publiés, nous permet de les rémunérer. Cette formule participative basée sur un « concours » est une formule qui nous a permis d’établir des liens avec de nombreuses personnes UD de l’ensemble de la province, en liberté comme en prison, qui fréquentent les organismes ou non.

Mais surtout, L’injecteur a permis à un réseau de personnes UD de se mettre en place. En 2007, ces personnes se réunissaient pour la première fois sous le nom d’Association pour la Défense des Droits et l’Inclusion des personnes qui Consomment des drogues du Québec. Il s’agit de la première fois au Québec que des personnes utilisatrices de drogues se réunissent pour revendiquer leur droit à la santé, à la vie et au bien être!

Tout cela se mettait en place en pleine revendications pour des salles de consommation supervisée, et cet enjeu est très vite devenu un des chevaux de bataille de L’Injecteur et de l’ADDICQ. Sans le militantisme de ces personnes UD au côté des organismes communautaires, nous n’aurions vu, 10 ans plus tard, l’ouverture des premières salles d’injection supervisée à Montréal. Et il reste encore beaucoup de chemin pour obtenir ce que nous demandions déjà à l’époque : des salles de consommation entièrement communautaire, partout où le besoin est ressenti et surtout avec un fonctionnement souple, flexible et sans aucun besoin de s’identifier.

Au fil des ans, L’ADDICQ et L’injecteur ont gagnés la reconnaissance du réseau de la santé et des « experts » en santé publique. Avec cette reconnaissance, les opportunités pour améliorer concrètement la qualité de vie des personnes UD se sont multipliées. Mais il nous reste encore beaucoup de portes à ouvrir.

En 2010, l’AQPSUD devient un organisme communautaire autonome par et pour les personnes UD et rassemble les 2 projets sous un même toit. Le premier groupe communautaire provincial en réduction des méfaits par et pour les personnes UD voyait le jour.

C’est au travers des années 2010-2011 que le développement régional de l’ADDICQ s’est produit avec un soutien apporté au développement d’antennes régionales.

Mais au même moment, l’AQPSUD a dû composer avec une situation financière précaire et malheureusement des choix ont été faits et les moyens pour le développement de l’ADDICQ ont diminué de manière importante.

Depuis 2016, nous avons décidé de revoir le fonctionnement de l’ADDICQ pour que les groupes locaux aient une totale autonomie, puissent avoir des modes de fonctionnement non hiérarchique mais qu’ils continuent de bénéficier de notre soutien et de notre implication. Ainsi, nous visons à ce qu’un maximum de groupes d’usagers locaux voit le jour sur l’ensemble du territoire de la province.

L’AQPSUD a depuis 2011 commencé à être préoccupé par une augmentation de la mortalité au sein de ses membres et notamment par surdoses. Cela nous a amené è être de plus en plus préoccupé par ces questions et à réclamer que l’on se préoccupe de cette question. Des vagues de surdoses en 2012-2013 et l’augmentation constante depuis ce temps de la mortalité par surdoses d’opioïdes et stimulants nous ont malheureusement donné raison. L’AQPSUD tient chaque année une vigile à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses et organisent aussi différentes mobilisation. L’AQPSUD a été un des acteurs centraux pour rendre publiquement accessible la naloxone à toute personne qui estime en avoir besoin.

Depuis 2017, l’AQPSUD réalise différents projets au sein des établissements de détention du Québec. Ces projets visent à produire des outils en réduction des méfaits pour les personnes détenus et nous avons décidé pour les mener de reproduire le modèle participatif qui a fait le succès de l’Injecteur.

Au cours des dernières années, l’AQPSUD est très actives pour que se mettent en place des solutions qui nous conviennent et qui adresse de manière pragmatique les besoins que nous exprimons et qui nous concernent.

 

Rien à notre sujet, sans nous! Toujours!

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